Revue Droits Fondamentaux


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Perspectives
Décennie des Nations Unies : éducation aux droits de l’homme
Rapport final du Comité français
2004


Droits fondamentaux

DECENNIE DES NATIONS UNIES :

EDUCATION AUX DROITS DE L'HOMME

(1995 - 2004)

 

Rapport final du Comité français

 

 

 

Présentation du Rapport final

 

 

La Décennie des Nations Unies pour l'éducation dans le domaine des droits de l'homme 1995-2004 a été un travail de longue haleine, éclipsé comme trop souvent par les crises et les réactions d'urgence qu'imposait l'actualité internationale, alors qu'à l'évidence elle répond à une priorité permanente pour l'avenir des droits de l'homme. Force est de constater que les media, si soucieux du droit à l'information, ont fait très peu de place au droit à la formation qui en est pourtant le corollaire. La Décennie, qui avait d'abord été lancée dans le cadre de l'UNESCO, avec notamment le Congrès de Montréal de 1993 sur l'éducation aux droits de l'homme et à la démocratie où le bâtonnier Louis-Edmond PETTITI avait joué un rôle essentiel, a sans doute pâti d'être un projet conjoint du Haut-Commissariat des droits de l'homme des Nations Unies et de l'UNESCO, sans jamais trouver sa place dans aucune des deux institutions. La décision de ne pas reconduire une nouvelle Décennie mais de mettre en place un programme d'action plus ciblé, recentré dans le cadre des Nations Unies, traduit sans doute ce constat.

 

Ce flottement se retrouve sur le plan interne où le Premier ministre a confié le pilotage de la Décennie à un « comité de liaison » d'une dizaine de personnes, composé pour moitié de membres issus de la CNCDH et de membres la Commission nationale française pour l'UNESCO. Au fil des travaux, il est évident que la mobilisation des deux Commissions, comme le soutien des ministères concernés se sont peu à peu émoussés, rendant difficiles en dehors de tout moyen propre les évaluations requises par le programme de travail, notamment dans le monde professionnel et le milieu scolaire. A cet égard, un véritable bilan des efforts menés à bien devrait être effectué par l'inspection générale, en toute transparence. Il a fallu toute l'énergie, l'intelligence des enjeux et la force des convictions des deux présidents successifs du comité de liaison, d'abord Louis Edmond PETTITI, puis après son décès en novembre 1998, Francine BEST, pour aboutir à présenter à chaque étape essentielle de la Décennie des documents de référence, avec le plan d'action de 2000 et le rapport final de 2005. Ce faisant la France est un des rares pays à avoir accompli son contrat, comme en témoigne le site des Nations Unies consacré à la Décennie. Il aurait été nécessaire de prolonger les travaux nationaux par une réflexion collective dans les sphères internationales, le cadre régional européen - aux différents niveaux, notamment celui du Conseil de l'Europe et de l'OSCE - mais aussi le cadre privilégié de la francophonie.

 

Il a semblé important de présenter le résultat des travaux français, au moment où le Comité français achève son mandat. Il comporte une analyse lucide de la crise latente qui était de plus en plus perceptible, avec un diagnostic de la montée de la violence et de l'intolérance dans le monde contemporain. C'est dans la réaffirmation des valeurs républicaines, indissociablement liées à l'Ecole, que des solutions peuvent et doivent être trouvées. Le rapport insiste sur l'importance du vocabulaire : il ne s'agit pas seulement d'enseigner les droits de l'homme, comme une matière à part - une nouvelle forme d'éducation civique ou de morale républicaine - mais bien d'une éducation aux droits de l'homme qui doit toucher toutes les formes de la vie de l'Ecole, mais aussi de son environnement. De même, il n'est pas seulement question des différents programmes scolaires, mais d'une « éducation tout au long de la vie » qui doit toucher notamment les juristes, mais l'ensemble des citoyens dans une démocratie vivante. L'accent mis sur la dimension culturelle des droits de l'homme est ici essentielle, faisant de l'éducation aux droits de l'homme le point de convergence des droits de l'homme. Dans ce contexte très large, la formation professionnelle a une importance considérable, qu'il s agisse des corps en charge de « l'application de la loi » ou des professions ayant une dimension éthique. Au sein même du Comité de liaison, au fil de séminaires organisés soit à l'UNESCO soit à l'ENS, des discussions passionnantes se sont déroulées entre historiens, philosophes et scientifiques sur ces enjeux.

 

Cet élargissement des perspectives impliquait également de prendre en compte les nouvelles technologies. Des expériences pionnières, dans le cadre de la formation à distance avec l'AUF, ou d'initiatives citoyennes, comme le campus CODES, sont mentionnées dans le rapport, au même titre que le foisonnement des activités des ONG qu'il est impossible de recenser de manière exhaustive. Le rapport final du Comité n'entend pas avoir réponse à tout, mais il ouvre des pistes concrètes pour mettre l'éducation et d'abord l'éducation aux droits de l'homme, au cœur de nos préoccupations. Seule une véritable culture des droits de l'home peut répondre à la barbarie qui nous menace dans un monde sans repères.

 

 

 

Emmanuel DECAUX






 
Revue électronique internationale publiée par :
Le Centre de recherche sur les droits de l'homme et le droit humanitaire, CRDH, Université Panthéon-Assas Paris II

en partenariat avec : l'Université de Nantes (service de la formation continue)
avec le soutien de : l'Agence universitaire de la Francophonie