La clause de non concurrence en droit du travail et l’applicabilité directe du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels du 16 décembre 1966
par Christophe PETTITI, avocat au Barreau de Paris, secrétaire général de l’Institut des droits de l’homme du Barreau de Paris
Droits fondamentaux
La clause
de non concurrence en droit du travail
et
l’applicabilité directe du Pacte international
relatif
aux droits économiques, sociaux et culturels
du 16
décembre 1966
Christophe
Pettiti
Avocat au Barreau de Paris
Secrétaire général de l’Institut des droits de
l’homme du Barreau de Paris
Par un arrêt du 16 décembre 2008, la Chambre Sociale
de la Cour de cassation a jugé que l’article 6-1 du Pacte international relatif
aux droits économiques, sociaux et culturels du 16 décembre 1966 est directement
applicable en droit interne, et s’oppose à ce qu’un salarié tenu au respect
d’une obligation de non concurrence soit privé de toute contrepartie financière
au motif qu’il a été licencié pour faute grave. Cette décision, en ce qu’elle
concerne les conditions de validité de la clause de non concurrence en droit du
travail n’est pas nouvelle, et elle s’inscrit dans un courant de jurisprudence
stable de la Chambre sociale de la Cour de cassation visant à protéger le
salarié. Elle est en revanche beaucoup plus innovante en droit international
public, au regard du fondement juridique retenu d’office pour écarter la clause
de non concurrence. Pour bien comprendre la portée de l’arrêt de la Cour de
cassation tant sur le plan du droit du travail, que sur le terrain de
l’applicabilité directe de la convention internationale, il est utile de
rappeler brièvement et préalablement la construction juridique opérée par la
Chambre sociale pour réglementer en droit du travail les clauses de non
concurrence. On observera, dans un deuxième temps, que concomitamment la Cour de
cassation recherche dans le droit international les garanties fondamentales
qu’elle ne trouve pas en droit interne.
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